La mémoire égarée

La mémoire égarée

Samantha Harvey

Language: French

Pages: 276

ISBN: 2:00338833

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


« Une série de coups de feu interrompt la discussion. Il y a la guerre, ou il y a eu la guerre, ou… quoi ?… il ne sait pas, là maintenant. Fouiller au fond de sa mémoire est comme plonger sa main dans une boîte, les yeux bandés, sachant qu’elle contient des objets mais sans savoir vraiment lesquels. La guerre a son rôle à jouer, mais peut-être n’est-ce que son grondement régulier qui ne l’a jamais quitté. Peut-être n’est-ce que le battement de son coeur mélancolique. »

Jake approche la soixantaine quand il apprend qu’il est atteint d’Alzheimer. Quelque temps après l’annonce de cette terrible nouvelle, il survole une prison dont il a bâti les plans, et on comprend que son fils y est incarcéré. Très vite, l’existence de cet homme apparaît dans toutes ses zones d’ombre : son amour pour Helen, qu’il épousa, peut-être un peu rapidement, sa relation avec le personnage imposant de sa mère, Sara, qui a survécu à l’Holocauste. Les autres femmes de sa vie, son désir de paternité. Son rapport à la religion. 
Très vite, le lecteur s’interroge sur la confiance qu’il peut accorder au récit de Jake, remarquant certaines incohérences, certains mensonges. Mais aussi l’influence sur sa mémoire de tous les récits qui lui ont été livrés…

L’ambition même de ce premier roman impressionne : explorer les méandres d’une mémoire qui se défait, des prémisses de la maladie au grand final. Tout en accomplissant cette prouesse, Samantha Harvey plonge le lecteur au cœur de la vie même, de ses intrigues et explore la manière dont la nature fragmentaire du souvenir affecte nos existences.

Sonnets

Death at Dawn (Liberty Lane, Book 1)

A Christmas Carol and Other Stories (Modern Library)

Romantic Moderns: English Writers, Artists and the Imagination from Virginia Woolf to John Piper

The Egoist

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

courses avec moi, aujourd’hui. – Pardon ? – J’ai dit que tu n’étais pas venu faire les courses avec moi aujourd’hui. » Jamais il n’oublierait la façon dont elle avait flanqué ses mains contre ses hanches, comme pour le mettre au défi de ne pas mentir. Il ne mentait pas. � Je suis désolé. J’ai complètement oublié. Est-ce que je suis puni ? – Non, bien sûr que non. » Elle s’était assise à la table, appuyée sur ses coudes, les cheveux ramassés derrière ses oreilles, les sourcils arqués. � Tu as

coup l’impression qu’il n’est pas vraiment là, et pourtant il l’est. Bien sûr qu’il l’est. S’il poursuit sa course, lui aussi sera plus gros. Cette idée l’intéresse, mais ne fait que traverser son esprit. Qui sait s’il aimerait être plus gros. De temps en temps, alors qu’il bourre sa poche de feuilles, il se retourne vers le sac noir qu’il a laissé sur le sable pour s’assurer que la mer est encore loin, puis repart de plus belle jusqu’à ce que ses poches soient pleines à craquer et qu’il n’y ait

ces machines à côté du lit pour qu’elle soit plus à l’aise. � Alice, ma chérie, dit la femme. Elle est restée si longtemps à l’hôpital, regarde comme elle est menue. – C’était quelques jours seulement avant sa mort. » Les deux personnes se taisent. Elles soulèvent leurs tasses et boivent sans détacher leurs yeux de la photo. Finalement, tournant la page, l’homme se redresse et repose sa tasse. � Et les deux dernières. Je viens juste de les ajouter. » Sur la première, on voit une femme

terriblement ce soir. � Ça va, la conduite ? » Il fait oui de la tête. Il avait dû voir Henry récemment car il s’en souvenait, et tout ce dont il se souvenait était arrivé soit récemment, soit il y a très longtemps ; il fallait qu’il s’y habitue maintenant qu’il n’y avait plus de moyen terme à proprement parler. La lande défile derrière eux, la tourbe grise et sombre s’étale en flaques au bord des levées suite aux fortes pluies. Quand il avait vu Henry, il lui avait montré les lettres. Elles

la clef dans la serrure et se glissa dans la maison. Pendant le café, puis le dîner, il pesa le pour et le contre, hésitant à aborder la question de l’avenir. Son idée était de lui demander si elle retournerait en Autriche ; une question à poser froidement, d’une traite, mais il devait la poser, il le sentait. Il sentait soudain qu’il devait savoir comment se dessinait leur avenir. Il était sur le point d’ouvrir la bouche, tandis que circulait l’assiette de biscuits, quand Sara le regarda et

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